Suite à l'échec du pouvoir collégial instauré par Dioclétien, l'Empire romain se trouve partagé entre deux empereurs : Constantin domine l'Occident et Licinius l'Orient. Constantin pénètre avec son armée en Thrace et se porte à la rencontre de son concurrent — qui est aussi le mari de sa sœur Constantia.
Les deux armées, fortes de plusieurs dizaines de milliers d'hommes chacune, s'affrontent le 3 juillet 324 devant Hadrianopolis (Andrinople), sur les bords de l'Hèbre.
Vaincu, Licinius s'enfuit vers Byzance et traverse l'Hellespont en direction de la Bithynie, en Asie mineure. Il est rattrapé et vaincu à Chrysopolis par son adversaire. Constantin, désormais maître de tout l'empire, relègue Licinius à Thessalonique et le fait étrangler quelques mois plus tard, sous le prétexte d'une conspiration.
Cette victoire eut des conséquences bien au-delà du simple partage de l'empire : Constantin, désormais seul maître de Rome, allait faire du christianisme la religion officielle, convoquant quelques mois plus tard le concile de Nicée.
Hadrianopolis — aujourd'hui Edirne, en Turquie — donna son nom à l'une des batailles les plus décisives de l'histoire occidentale.
À l'Antre des Vices, Hadrianopolis évoque la confrontation assumée, la puissance qui s'affirme sans faux-semblant, et la transformation profonde qui suit les moments de bascule — en histoire comme dans nos soirées.