Cet article n'engage aucunement l'Antre Des Vices puisqu'il a été rédigé par pure expérience personnelle.
On ne négocie pas. On ne fait pas sa liste de courses avant une séance. Tu as envie ou tu n'as pas envie, et si tu as envie, alors oui, on peut se parler. Mais si tu arrives avec ta liste, d'abord ça, puis ça, avec tel truc, puis tel autre, va voir quelqu'un d'autre.
Ce n'est vraiment pas moi. Je gère mes séances comme je l'entends.
Ce qui ne veut pas dire que je ne t'écoute pas, que je ne tiens pas compte de tes limites, de ce que tu veux ou ne veux pas.
Mais ta liste de courses, tu peux la ranger.
Avec Liza par exemple, il n'y a pas grand chose à se dire. On se connaît. Lors d'une soirée chargée, où elle court partout parce qu'il y a du monde et des trucs à gérer, je ne vais pas lui proposer quoi que ce soit. La stresser encore plus ne nous apporterait rien à l'un ni à l'autre. Enfin... parfois je ne résiste pas à une petite perturbation impromptue, histoire de lui rappeler que je suis là :)
Mais c'est autre chose, c'est nous, c'est notre relation, ce n'est pas simplement quelques heures passées ensemble, c'est ces années...
Par contre quand la soirée est plus calme, que tout est posé, oui, c'est possible. Le port des cilices par exemple, je ne vais pas lui demander si elle court déjà dans tous les sens. Mais si le moment s'y prête, alors oui. C'est juste être à l'écoute.
Avec quelqu'un que je ne connais pas, ou que je connais peu, la discussion c'est simple et direct : est-ce qu'il y a des endroits à ne pas toucher ? Des zones à éviter ? Une ancienne blessure, une limite physique ? Pas de formulaire en dix pages, juste quelques minutes de conversation qui changent tout.
Si je prends les fouets et les bullwhips parce que c'est ce que j'affectionne le plus... mais c'est pareil pour la cire, le fireplay, l'électro, le shibari, n'importe quelle pratique, je veux juste savoir jusqu'où je peux aller.
Pas pour me donner une autorisation en bonne et due forme, juste pour ne pas franchir quelque chose qui ne devait pas l'être.
Pendant la séance, on ne regarde pas uniquement ce qu'on fait, on regarde la personne !!.
Sa respiration, ses épaules, ses tremblements... et ça, c'est un truc important parce que les tremblements ne veulent pas tous dire la même chose. Il y a ceux qui signifient que ça monte, que l'intensité s'installe, et c'est exactement là où on veut aller. Et il y a les autres. Ceux qui disent stop, même si la bouche ne le dit pas encore.
Il en est de même de tous les mouvements du corps, un pied qui tape par terre, une main qui se lève, une tête qui se retourne...
Avec le temps et en connaissant la personne, on apprend à faire la différence. Et à certains moments, on relâche tout, on pose une main, et on demande simplement, on continue ?
Parfois on pousse un peu en demandant justement. On annonce le dernier coup.
Ceux qui me connaissent savent que c'est rarement vrai sur le moment :) , il y en aura encore quelques uns avant que le vrai dernier arrive. Ça repart doucement, mais pas longtemps non plus.
Parce qu'à ce stade je sais déjà dans quel état est la personne en face de moi. Et quand le dernier coup arrive vraiment, c'est une évidence!!
Ce n'est pas de la négociation. C'est de l'attention. C'est l'instant présent, pas ce qu'elle était la dernière fois, pas ce qu'elle sera la prochaine. Juste maintenant ce que la personne en face de moi est !
Je ne suis pas un sauvage. Et ceux qui viennent tester savent qu'ils peuvent, et non pas parce qu'on a signé un pacte de 15 pages ou quoi que ce soit, mais simplement parcequ'on a prit le temps d'échanger quelques mots qui sont primordiaux