Respect du matos et des murs

L'article suivant n'engage aucunement l'Antre Des Vices dans sa publication et n'est de la responsabilité que de son auteur.


Respect du matos et des murs : Le point de vue de celui qui répare derrière

On passe notre temps à parler de technique, de lâcher-prise, de limites et de consentements. C'est la base, tout le monde est d'accord. Mais il y a un angle mort complet dans la plupart des discussions BDSM : ce qui se passe une fois que la session est finie, que la porte s'est refermée, et que tu te retrouves tout seul face à l'état des lieux.

Parce que le matériel et les espaces de jeu, ça ne s'entretient pas tout seul. Et entre la théorie du « je respecte tout » et la réalité du terrain à 3h du matin, disons qu'il y a un gouffre.

Le matos : Ce n’est pas jetable

Quand tu joues, y a l'adrénaline, l'intensité, l'envie d'envoyer. C'est normal. Mais y a une marge entre utiliser un accessoire intensément et le saccager par je-m'en-foutisme.

Une cire dégueulasse qui coule sur un support qui n'est pas fait pour, des mousses ruinées par des fluides sans aucune protection, ou du cuir qu'on laisse sécher sans un gramme de graisse après une session un peu trop humide... Pour celui qui casque, qui achète, et qui passe ses dimanches à tout nettoyer, graisser ou réparer, c'est lourd. Un bel accessoire, ça se respecte. S'il est bousillé bêtement, à la session d'après, il n'est plus là. Point.

Les murs et les espaces : On n'est pas dans un hôtel bas de gamme

Il y a cette idée reçue qui a la vie dure : « Je paie, donc je fais ce que je veux, y a bien des gens payés pour nettoyer derrière de toute façon. »

Spoiler : ici, ce n’est pas un club aseptisé avec une armée de prestataires anonymes. Quand tu loues un gîte ou un espace de jeu dédié, tu arrives dans un endroit qui a été pensé, aménagé et entretenu avec les mains pour que tu puisses vivre des trucs intenses en sécurité.

Mais la réalité du terrain, parfois, c'est ça : les traces de frottement sur les murs fraîchement peints, les flexibles de douche qui fuient ou qui disparaissent parce qu'on a tiré dessus comme des brutes, les poignées de portes maltraitées, ou les chargeurs d'enceintes Bluetooth enfoncés de travers en mode bourrin — ce qui défonce le port et t'oblige à racheter le matos. Sans parler des mousquetons de chaînes tordus ou cassés en deux, la liste est longue et non exhaustive.

Respecter les lieux, ce n'est pas juste "essayer de ne pas tout péter". C'est réaliser qu'un mur, une poignée ou un équipement, ça demande un boulot de dingue en maintenance. Ceux qui viennent après toi ont autant le droit de trouver un espace propre et nickel.

La moindre des choses : le dire

Casser un truc ou abîmer du matos, ça arrive. Dans le feu de l'action, avec la pression et l'intensité, un accident est vite arrivé, tout le monde peut l'entendre.

Mais la base absolue du savoir-vivre, c'est de l'ouvrir et de le dire. De prévenir.
Pourquoi ? Juste pour qu'on soit au courant. Si on n'a pas le temps de réparer ou de changer la pièce avant l'arrivée des prochains locataires, on peut au moins les prévenir, anticiper, ou s'adapter. Découvrir les dégâts le nez dedans au moment de faire l'état des lieux de sortie, c'est juste irrespectueux.

La vraie autonomie

Le BDSM, c'est l'essence même de la responsabilité individuelle et mutuelle. Ça vaut pour la sécurité des corps, mais ça vaut exactement pareil pour l'environnement.

Nettoyer ce que tu as sali, ranger le matos à sa place, faire gaffe aux infrastructures et jouer cartes sur table si un pépin arrive, ce n’est pas être "pénible" ou faire du catéchisme : c'est la base de la base. Si tu veux que ces lieux restent ouverts, qu'ils évoluent et qu'on continue de te faire confiance, traite le terrain de jeu avec autant de soin que tu traites la personne en face de toi.