13 février 1754 à Paris — 17 mai 1838 à Paris
Plein d'esprit et de raffinement, amoureux des plaisirs et du beau sexe, le prince Charles Maurice de Talleyrand-Périgord n'est pas seulement le parfait représentant de l'art de vivre aristocratique du XVIIIe siècle. C'est aussi un homme absolument cynique et corrompu, doublé d'une intelligence supérieure.
Au demeurant, le meilleur diplomate qu'ait jamais eu la France. Il a trahi tous les régimes qu'il a eu à servir, mais jamais les intérêts supérieurs de l'État.
Né dans l'une des plus grandes familles du royaume — certaines sources le font naître le 2 février —, il entre dans le clergé, un pied bot l'empêchant de servir dans l'armée.
Évêque d'Autun en 1788, puis député aux états généraux, il propose à l'Assemblée nationale constituante de nationaliser les biens du clergé. Sous l'Empire, il devient grand chambellan et prince de Bénévent.
Lors du congrès d'Erfurt, à l'automne 1808, il persuade le tsar de tenir tête à l'Empereur et de ménager l'Autriche — trahissant celui qu'il servait, dans son dos et à son profit.
En 1814, à Paris, il convainc ce même tsar de restaurer les Bourbons sur le trône. Lui-même devient chef du gouvernement provisoire, puis reprend la diplomatie comme ministre des affaires étrangères.
Talleyrand — homme de plaisirs autant que de pouvoir, maître de l'art de naviguer entre les contraintes et les désirs — incarne quelque chose de profondément familier à l'univers de l'Antre des Vices : la conviction que les règles du jeu se négocient, et que la liberté se conquiert avec intelligence.