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On a tous commencé un jour. Avec cette appréhension un peu floue, ce mélange d’excitation et de peur de mal faire. Aujourd’hui, avec le recul de L'Antre des Vices, je vois passer des dizaines de nouveaux visages. Et le constat est simple : la manière dont on accueille un novice dans une soirée ou un événement, ça change tout. Ça définit si la personne va construire quelque chose de sain, ou si elle va repartir avec plus de questions que de réponses. Alors, comment on fait pour ne pas juste "laisser entrer", mais vraiment "accueillir" ?

Le novice n’est pas un jouet, c’est un invité

C’est le premier point à intégrer. Il est temps de déconstruire cette image du novice "à conquérir" ou "à tester". Un novice, c’est quelqu’un qui nous confie une part de sa vulnérabilité en poussant la porte d’un lieu qui lui est étranger.

Si tu organises ou si tu es un habitué et que tu cherches juste une proie facile pour ton égo, tu n’es pas au bon endroit. Tu n’es pas en train de jouer, tu es en train de créer un traumatisme. L’accueil commence par une posture : on est là pour faire découvrir un monde, pas pour le consommer.

Les "Red Flags" de l’accueil : Ce qu'on ne veut plus voir

On connaît tous ces comportements qui, malheureusement, polluent encore certaines soirées. Si tu vois ça, c’est que le lieu ou l’organisation est en défaillance :

  • L’ignorance organisée : Les organisateurs qui ne prennent pas le temps de saluer les nouveaux ou de leur expliquer le fonctionnement.
  • Le cercle fermé : Les habitués qui s'agglutinent en petit groupe, rendant l'accès impossible à toute personne extérieure.
  • Le "Dominant" de service : Celui qui oublie de demander le consentement, qui s'immisce dans les scènes sans y être invité, ou qui se sent investi d'une mission divine parce qu'il porte des bottes en cuir. Tout ça, c'est du poison pour la communauté.

Présenter les lieux : Bien plus qu'une simple visite

Ici, on ne fait pas de visite guidée scolaire. En général, ce n'est pas nous, les organisateurs, qui faisons le tour du propriétaire avec les nouvelles personnes. Pourquoi ? Parce que ce sont souvent des habitués, ceux qui font partie des "meubles" et qui connaissent les lieux par cœur, qui s'en chargent.

C’est une dynamique qu’on a voulu instaurer pour une raison simple : ça change tout. La visite devient alors un moment d’échange naturel, sans la pression d'une autorité qui dicte ses règles. Ça permet aux nouveaux de nouer des discussions immédiatement pendant le tour, de poser les questions "bêtes" qu'ils n'oseraient pas poser à l'organisateur, et surtout, ça leur permet de se sentir moins isolés et de faire partie du groupe une fois la visite terminée. C'est l'intégration par la bienveillance, tout simplement.

Les codes : Rester humain, tout simplement

On me demande souvent : "Quels sont les codes de conduite ici ? Quelles sont les règles à respecter ?".

Ma réponse est assez simple : il n'y en a pas, au sens strict du terme. Pas de grimoire de règles à apprendre par cœur, pas de protocole rigide. À l'Antre, la seule règle, c’est le respect pur et simple des autres participants.

On part du principe que si tu es ici, tu es une personne capable de faire preuve de bon sens et de savoir-vivre. C'est tout ce qu'on demande : que ton comportement ne soit pas une nuisance pour ceux qui t'entourent. Si tu sais être poli, attentif à l'espace des autres et respectueux, tu n'auras aucun souci. Le reste, c’est de l’intuition et de la courtoisie.

La posture de l’Antre : Rassurer pour mieux explorer

Ici, on a fait un choix : on ne laisse personne dans la nature. L’accueil, ce n’est pas juste un "bonjour" à l’entrée. C’est un processus :

  • Expliquer le fonctionnement : Dès l’arrivée, chaque personne doit comprendre comment on communique ici.
  • Le filet de sécurité : On s’assure que la personne sait qu’elle peut dire "non" à n'importe quelle seconde, à n'importe qui, sans avoir à se justifier. C'est la base.

Créer un écosystème de bienveillance

La responsabilité de l'accueil ne repose pas uniquement sur les épaules de celui qui gère le planning. C’est une responsabilité collective. C'est celle des anciens qui vont vers les nouveaux, c'est celle des organisateurs qui gardent l'œil sur l'ambiance globale. Un bon accueil, c'est ce qui fait que la personne reviendra pour apprendre, pour grandir, et non pas par peur.

Conclusion

Le BDSM, c’est une exploration. Le rôle de ceux qui organisent, c’est de fournir la carte et la boussole. Si on veut que notre monde reste vivant, intelligent et surtout humain, on a le devoir d'être les meilleurs ambassadeurs pour ceux qui viennent de pousser la porte.

Et vous, quel est le meilleur souvenir d'accueil que vous avez eu lors de vos débuts ?